Septembre-Octobre 2012: 6 mois après le retour
Les GLEN
I Drive a dream
Véhicule GLEN
Véhicule I Drive a Dream
Voyage…
A propos de voyage, puisque c’est la raison d’être de ce site, voici notre plus récente expérience en la matière : le Grand Bivouac à Albertville, le festival des voyages. Organisé cette année le dernier week-end d’octobre sous la pluie, le froid et le thème des hauteurs, il est l’occasion pour toute personne intéressée par le voyage de suivre des conférences, découvrir de nouvelles formules de vacances et dialoguer avec ceux qui reviennent de périple. Pour nous, ça a été l’occasion d’entrevoir les deux familles suisses que nous avions rencontrées au début du mois de septembre, toutes deux de retour d’un grand voyage également. Les GLEN (http://www.lesglen.net/) ont effectué une boucle de dix-huit mois passant par la Mongolie, la Chine, l’Asie, l’Inde et l’Iran. Nous étions à seulement deux pays de distance d’eux, lorsque nous nourrissions l’espoir de les rencontrer. C’est finalement chez eux au pied du Jura vaudois que ça s’est fait, avec, par la même occasion, la famille Comtesse (Idriveadream), accomplissant une escale helvétique le temps de changer de monture avant de poursuivre leur tour du monde en Amérique du Sud. Belle journée, chouettes discussions. On découvre les coulisses de chacun, les préparatifs, les modes de financement, les rêves actuels et futurs, la manière de se réinstaller. Chacun livre aussi ses anecdotes et péripéties, celles qu’on ne publie pas sur nos sites internet. Et puis, ce constat : tous, nous sommes admiratifs face à l’aventure des autres, chacun ayant l’impression d’avoir eu plus de chance, moins de problèmes ou des tuiles sans conséquence, par rapport aux épopées des autres. Voilà qui illustre combien chacun est capable de surmonter les épreuves de sa propre vie.
Dans les starting-blocks
Nous vous avions parlé de Jean-Marc et Cécile, ce couple enthousiaste et passionné, préparant un long voyage d’une vingtaine d’années qui devrait démarrer dans trois ans. Nous les avons revus tout récemment. Fièrement, ils nous annoncent avoir réduit de dix mois le délai d’attente : ils partiront dans 1000 jours !
Jean-Marc et Cécile
Célia
A Albertville, nous n’avons eu que le temps de croiser les GLEN et d’apercevoir le camping-car I Drive a Dream, chacun d’entre nous passant de salles en conférences d’un pas pressé. Nos pas à nous nous ont conduits notamment à Antoine Cotterau et sa conférence extraordinaire sur son voyage d’un an de France en Papouasie. Avec des moyens minimalistes, le jeune homme de 25 ans accroche son auditoire en quelques secondes. Le récit est fluide, poétique et profond. Sans morale aucune, avec humour et sincérité, il partage ses expériences, ses prises de conscience et les questions qu’il a ramenées dans son baluchon. Une leçon de maturité et de clairvoyance qui nous a pronfondément émus.
Autre village, autre famille. Cédric et Evelyne aussi préparent le grand départ pour l’été prochain, avec leurs 4 enfants. A 40 ans, l’homme a fait ses preuves et rempli les caisses. Désormais, il veut vivre. Et pour cela, il choisit le voyage en famille. Impatients de prendre la route, ils nous ont invités après avoir aperçu Casita dans leur village et visité notre site internet. Un petit calepin à la main pour n’oublier aucune question, ils nous expliquent avec émotion leur motivation, leur rêve et leur envie de vivre à six, tous ensemble, réunis.
Leur voyage ne ressemblera pas au nôtre nous grantissent-ils : Etats-Unis, Australie et Nouvelle Zélande. Tous les pays que nous avons évités. Autant d’occasion d’identifier les différences entre nos deux projets et de reconnaître le caractère unique de leur aventure. Car c’est de cela dont rêve chaque voyageur : accomplir son propre périple, découvrir ses propres vérités et faire ses expériences. Chaque rencontre nous prouve combien aucun voyage ne ressemble à un autre et nous nous en réjouissons.
Famille d'Evelyne et Cédric
Dans les starting-blocks, on trouve aussi Roland et Christina, nos deux amis rieurs sur le point de partir en Equateur pour célébrer la fin de l’année. De leur côté, Aless et Céline laisseront ici leur bus VW et partiront dans quelques semaines pour la Californie, le Mexique et les Galapagos où ils passeront l’hiver. Carole et Franck eux sont déjà partis, ils sont en Argentine. Pour nous, voir nos amis s’en aller ainsi avec les hirondelles est une nouvelle expérience. Et pour la première fois, nous suivrons leur exemple. D’ici la mi-novembre, nous prendrons la direction du Sud avec l’intention de visiter des parties de l’Espagne que nous ne connaissons pas et de faire un tour au Portugal. Après six mois sédentaires en Suisse, nous avons envie de découvrir du neuf. Et aussi, de retrouver les amis dont les domiciles se situent sur notre itinéraire.
De Pokhara à la Suisse
Un matin, Véro et les enfants ont également eu la surprise de découvrir à la porte de Casita Marco, le cycliste suisse rencontré à Pokhara aussi. Apercevant notre maison roulante sur le parking de Bellerive, il a fait demi-tour pour revenir les croissants à la main et passer une partie de la matinée avec la famille.
Nous avons aussi eu l’occasion de croiser des personnes et amis rencontrés sur la route, eux aussi de retour. Ainsi, Yann a fait une courte pause en notre compagnie en découvrant Casita sur son chemin, à quelques encablures seulement de sa maison. Nous l’avions rencontré à Pokhara au Népal avec Cécile sa femme et leurs enfants.
Camille, avec qui nous avons passé plusieurs semaines au Népal, nous a invités au chalet de son ski club, pour une fondue dans le Jura, où nous avons imaginé le panorama sur le lac et les Alpes plus que nous l’avons contemplé… Brouillard oblige ! Belles retrouvailles et nombreux souvenirs échangés. On profite de faire connaissance avec plusieurs membres de sa famille réunis pour l’occasion. En même temps, que nous leur présentons Aless et Céline venus avec nous pour nepas perdre le rythme...
Marco
Camille
Une partie de la famille de Camille
Encouragé par ce succès, Thierry réservait une autre surprise aux enfants : les femmes en costume traditionnel à Evolène. Cette fois en revanche, les souvenirs de l’homme l’ont trahi : il y a bel et bien à Evolène la Dent Blanche qui surplombe fièrement le village dont les ruelles sont bordées de mazots valaisans au charme indéniable, mais personne ne porte le costume, sinon ceux qui vont et viennent autour de l’église un jour de mariage !
Plus loin dans la vallée et peu avant d’arriver à Arolla, nous avons parqué Casita à côté de la gouille et grimpé tout droit en direction du Lac Bleu. Une pure merveille ! Transparent comme de l’eau source, le lac arbore une couleur à faire pâlir la côte d’Azur et les lagunes boliviennes. Sublime. Incapables de résister à l’appel de la baignade, les enfants et Thierry se sont jetés dans l’eau glacée, histoire de dire qu’ils l’ont fait ! Un régal. Surtout après.
Puis, nous avons pris la direction du glacier d’Aletsch, un monument national et naturel classé au patrimoine mondial, mais que nous n’avions jamais visité. Pendant deux jours, nous nous sommes promenés dans les alpages surplombant la langue gelée, en profitant de points de vues variés et spectaculaires tant sur la vallée que sur les sommets enneigés
Et puis, au terme de notre excursion, nous sommes tombés sur un pur moment de folklore : un tournoi de Gilihüsine, la version ancestrale du bien connu Hornuss. Ce jeu national et bon enfant oppose deux équipes, dont les membres portent le fameux costume traditionnel (et toc ! se réjouit Thierry). Le but du jeu est simple : la première équipe projette un osselet en le frappant d'un bâton. L’autre équipe doit intercepter le projectile à l’aide de grandes planches de bois qui rappellent les spatules utilisées pour les raclettes modernes. Si le jeu reste sans grand intérêt il faut l’avouer, l’ambiance et les cris de joie à chaque coup réussi donnent au spectacle un aspect exotique auquel nous avons été sensibles. Sans parler des chansons yoddle et du son caverneux du cor des Alpes qui rythment les pauses…
Plus tôt dans la saison, nous avons fait un tour à la Vallée de Joux. Zone reculée et synonyme de nature, la Vallée chez nous, c’est un peu le bout du monde. Avec son lac gelé en hiver et ses forêts denses, la région offre un vrai bol d’air frais. On y apprend entre autres comment les loups et les ours sont réintroduits et protégés dans notre pays, malgré les difficultés liées à l’intensification de l’urbanisation et des voies de transport qui fragmentent leurs territoires.
Autres regards sur la Suisse
Notre ami Clément (rencontré en Bolivie et revu à Lourdes) a ouvert des yeux ronds plusieurs fois par jour pendant sa première semaine dans notre pays. Impressionné par le parc automobile et la richesse visible partout, il a très vite relevé certains aspects qui nous avaient aussi frappés à notre retour. Une promenade d’une heure en ville ou au bord du lac, permet d’entendre 7 à 10 langues différentes. Il y a dans les environs de Lausanne une pluriculturalité enthousiasmante pour ceux qui aiment l’étranger, l’ailleurs et les différences. Nous l’avions noté et nous en étions réjouis aussi.
Nos voisins
Nous logeons nulle part, un peu partout. En forêt souvent, ou au bord du lac. Là, nous avons de nombreux voisins, la plupart en voiture. Entassées à 6 ou 8 dans un break, des familles de Roms vivent dans leurs voitures. Dans les fourrés, ils cachent des mousses ou vieux sommiers, des duvets et couvertures dans lesquels ils s’emballent la nuit tombée. Les enfants et les mamans dorment serrés les uns contre les autres pour se réchauffer, les hommes sont entre eux. Dans la voiture, seules trouvent place 4 à 5 personnes. Les autres dorment dehors. Souvent, en soirée, la voix se fait forte, le ton monte et des disputes éclatent. Signe de la précarité de leur situation et d’un alcool bu avec trop d’empressement. Quis sont-ils ? Où vont-ils ? Nous les croisons, comme vous, tous les jours dans les rues de la ville. La plupart d’entre eux mendient, certains à renfort de stratagèmes, d’enfants, de faux petits services ou seulement de longue patience ou d’agressivité.
Quand ils reçoivent une pièce d’un passant ou quelque chose à manger de notre part, il leur arrive d’en vouloir plus encore, du Nutella par exemple. Difficile de rester ouvert et généreux. Alors, nous reprenons nos réflexions en famille, les même qu’en voyage : comment soutenir les plus démunis, quoi et comment offrir sans pourrir et sans humilier. Toujours pas de réponse. D’où notre envie croissante de leur offrir à eux aussi du temps, de l’écoute et notre présence. Pourquoi restent-ils là ? Pourquoi ont-ils choisi des voitures plutôt que des fourgons, plus spacieux et pas plus chers. Nous avons mille questions à leur poser, mais nous restons à les observer. Leur langue semble difficile. Leur accès aussi. Un jour, nous irons parler avec eux. C’est ce qu’on se dit souvent. Pour comprendre. Pour l’instant, nous vivons à leurs côtés et cherchons à percer une partie du mystère, avec l’intention de prochainement poster sur ce site le résultat de nos recherches.
Voiture aménagée de Clément
Venu ici pour travailler aux vendanges, Clément a succombé au charme de notre ancienne région, le Lavaux et ses vignobles en terrasses, également classés au patrimoine mondial. Et plus encore que les vignes et les points de vue exceptionnels sur le lac Léman, Clément retient de son séjour à Grandvaux l’extrême gentillesse, générosité et confiance de ses hôtes et employeurs. Alors merci à Rocco et Caroline, nos anciens voisins, pour l’avoir intégré à leur équipe de gais fanfarons.
Avec un vocabulaire enrichi de plusieurs vocables bien de chez nous, Clément est ensuite allé chercher un job pour la saison d’hiver. Equipé d’une carte avec quelques noms de stations établie par Thierry, il a pris la direction des Crosets en suivant son instinct. De la station, il a suivi un chemin sans issue en direction d’un chalet d’alpage. Sur la porte d’entrée restée ouverte, un panneau : fermé. Cinq minutes plus tard, Clément signait à l’intérieur un contrat de travail pour trois mois. Ebahi de sa propre audace et de la chance qui lui sourit, il ne manque pas de remarquer comment les choses sont simples en Suisse : se faire engager, avec un contrat officiel et correct, sans avoir à déposer un CV et attendre des semaines, pour lui ça n’existait qu’au Pérou. Dans tous les cas, voilà de quoi faire des économies et se réjouir du printemps 2013. Il reprendra alors la route avec un bon pécule en poche lui permettant de créer une affaire si l’occasion se présente.
Passer du temps avec Clément est aussi vitalisant que de parcourir les routes du monde. Engagé, perspicace, dynamique et sérieux, il manie l’humour avec talent et met le doigt sur tout ce qui pose question.
En outre, il nous a permis aussi de réaliser que nos plaques vaudoises étaient probablement la cause de l’attitude tolérante de la police à notre égard. Parce qu’au milieu de la nuit, c’est lui que la police a réveillé tandis qu’il dormait dans sa voiture stationnée aux côtés de Casita !
Parmis nos voisins, nous comptons aussi une grande communauté sud-américaine. Nous avons rencontré l’un d’eux. En espagnol, c’est plus facile. Il vit en fourgon et passe 3 mois par année en Suisse et 3 mois en Europe. Il vient du nord de l’Equateur, des montagnes surplombant le village d’Otavalo. Ici, il vend de l’artisanat de chez lui. Sa femme et ses enfants restent au village, là-bas. L’été est long sans ceux qu’il aime. Comme ses congénères, il trouve dans ce mode de vie un équilibre financier plus qu’affectif. Pour l’instant, il doit choisir. Ouvert et souriant, il porte sur lui l’espoir et la satisfaction de prendre les choses en main. Il nous parle de son pays, complétant les informations que nous y avions récoltées sur place. Ils ont chez lui une revendication simple : récupérer les terres de leurs aïeux et pouvoir les cultiver pour nourrir leurs familles. Sans cela, ils devront toujours et encore aller en ville, là-bas ou ailleurs, gagner l’argent qu’ils dépenseront en nourriture.
Les amis d’antan
Nous avons revu Raphaël, un autre ami de Véro, perdu de vue depuis 15 ans. Adolescent tourmenté et pétri d’angoisses, il a suivi jeune adulte la voie de l’hermite, s’isolant des mois durant, à l’abri d’une civilisation hostile. A 37 ans aujourd’hui, il entre en seconde année de médecine. Parce qu’il faut bien faire quelque chose un jour dans sa vie et qu’il a toujours eu peur des médecins. Alors quoi de mieux que de le devenir pour démystifier. Pour cela, il a repris les études il y a cinq ans, passant d’abord un bac, puis la première année de faculté. Extraordinaire rencontre et soirée en sa compagnie.
Autres amis d’enfance retrouvés récemment : Frédéric et Aïcha ont 4 enfants aussi. Pour nous, ils font partie des héros de l’ombre, ces personnes qui construisent leur bonheur discrètement, sans se vanter ni se plaindre, à la force de leurs convictions et de leur priorité : la vie de famille. Face au monde actuel, ils ne perdent ni temps ni énergie à se battre ou se révolter. Tous deux engagés dans une profession à caractère social, ils aident ceux qu’ils peuvent par leur travail. Sinon, ils puisent ce qu’il y a de meilleur dans nos contrées et construisent le reste par eux-mêmes, confiants, unis, épanouis. Ils sont la preuve que nul est besoin de faire des exploits pour vivre heureux. En même temps, trouver sa voie et s’y tenir, n’est-ce pas déjà un exploit ?
Raphaël
Chez Frédéric et Aïcha
Bonne question…
En lien avec ce qui précède, on nous dit parfois et à juste titre : « en vous lisant on dirait qu’il n’y a que le voyage pour apporter le bonheur. » C’est vrai pour nous. Parce que nous trouvons dans le voyage les conditions de vie, d’échange, de rencontre et de croissance qui nous conviennent, le voyage est ce que nous avons découvert de mieux pour être heureux. Mal à l’aise dans le modèle traditionnel de nos contrées, nous peinons à nous y épanouir. C’est ainsi. Pour nous et pour certains que nous rencontrons. Pas pour tout le monde.
Nous pourrions remplir des centaines de pages de blogs, sites internet ou livres témoignant des mille et unes manière d’atteindre le bonheur sur terre. Parce que nous croisons chaque semaine des personnes qui nous émeuvent aux larmes, à Lausanne, Morges, St-Prex ou sur un ponton au bord d’une plage, nous prenons conscience chaque jour davantage de l’importance de trouver sa voie, de tracer son chemin. Pour le faire, nous avons choisi le voyage et la vie de famille. D’autres choisissent la banque, l’engagement social, la politique, la peinture, la méditation, le sport, la solitude, la mer, la montagne, la ville. Toutes ces pistes sont excellentes quand on voit briller chez ceux qui les suivent la lueur du bonheur et de la joie de vivre. Nous sommes surpris et admiratifs face aux chemins que certains empruntent, si différents du nôtre qu’ils nous paraissent impraticables. Cela nous rappelle alors qu’il n’y pas qu’à l’autre bout du monde et dans le dénuement que les gens peuvent être courageux et heureux. On croise des modèles inspirants partout, en Suisse ou ailleurs. On reconnaît les gens heureux au fait qu’ils sont à leur place et le savent. Ca se lit sur leur visage. Ceux-là ont des choses à dire et à partager. Des pistes à nous montrer. Certains livres sont là pour les mettre en lumière. Pour le reste, c’est à chacun de reconnaître son bonheur et de témoigner, selon sa propre envie. Souvent, c’est au cœur de la rencontre que le message se transmet. Alors merci à tous ceux qui nous prouvent chaque jour que voyager est un mode de vie parmis d’autres et que la vie est pour tous un voyage exceptionnel.
Boulot
Les craintes étaient nombreuses au retour pour Thierry. Saurait-il encore faire ? Pourrait-il écouter et accompagner les personnes en recherche d’emploi ? Aurait-il l’endurance nécessaire ? Serait-il assez ouvert et disponible ? Après la première journée d’animation, la réponse est limpide : le boulot, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Mais sans l’avoir pratiqué depuis longtemps, ça fait mal au c… Concrètement, Thierry a retrouvé ses marques sans la moindre difficulté, les réflexes, les bonnes questions, la sensibilité, la confrontation, l’inspiration et la tendresse pour les participants. Le cours qu’il anime s’adresse aux chômeurs, aux abîmés de la vie, des personnes au parcours laborieux ou cahotique, parfois sans repères, souvent blessées par des accidents de parcours ou des traitements injustes. Le but du séminaire : reconstruire la confiance. Un beau programme, soutenu par un processus puissant et magique. En cinq jours, les gens retrouvent la maîtrise de leur vie. A partir de là, c’est à chacun de jouer.
Ce qui a bouleversé Thierry, c’est la complexification des situations. Il y a 4 ans, les participants avaient connu un burn-out, un mobbing, un divorce, un décès ou une maladie et peinait à s’en remettre. Aujourd’hui, tout se mélange et sur 10 participants, 3 ne savent pas où dormir le soir. En Suisse. Dans l’appartement de votre voisin. Difficile à admettre.
Autre difficulté : faire face à la méfiance de certains membres de l’équipe. Certes, Thierry s’était préparé aux commentaires, il avait imaginé qu’il faudrait un temps pour faire connaissance. Il pensait aussi que certains verraient de travers son idée de partir 4 ans autour du monde. Mais il n’imaginait pas à quel point cela rendrait la rencontre impossible avec certaines personnes. C’est peut-être ça le plus douloureux au retour. Se réjouir des nouvelles rencontres et se trouver devant porte close.
Aujourd’hui, avec son associé Roberto, ils ont décidé de revenir ensemble à la base de l’entreprise en déléguant la direction à l’une des collaboratrices. Ils oeuvrent à la réorganisation, en développant un fonctionnement offrant à tous la marge de manœuvre dont ils ont besoin. Thierry veut vivre de manière nomade. Roberto veut composer et se ressourcer. L’équipe et les clients veulent du bon boulot. Un vrai challenge. Un casse-tête au début. Un chef d’œuvre peut-être à l’arrivée. Durant l’année à venir, ils expérimenteront le système. Mais déjà, ils sont satisfaits du chemin parcouru depuis avril passé.
 
A l’école
Les enfants ont commencé le CNED. Dès les premiers jours, ça a été l’euphorie dans la classe. Chacun recevait son nouveau matériel, des notes explicatives, des délais pour remettre les évaluations, des numéros de téléphone pour contacter les professeurs, un accès internet sur la plate-forme des élèves et d’innombrables autres détails et astuces. Première surprise pour Max : il n’a aucun délai à respecter sinon celui impératif du 31 mai, date à laquelle il doit avoir remis toutes ses évaluations ! Le principe est simple donc : au-to-no-mie ! A l’inverse, pour Zoé, les délais sont fixés régulièrement, le rythme de travail aussi et Véro passe davantage de temps à ses côtés. Zoé s’enthousiasme en découvrant les cours de musique et d’arts graphiques. Les autres perdent patience en écoutant la cadette enregistrer laborieusement sa chanson pour les évaluations envoyées ensuite par internet.
Dès les premières évaluations, le ton est donné : il va falloir s’adapter aux exigences et aux attentes des nouveaux profs. Rapidement, les quatre enfants trouvent leurs marques. Nous avons opté pour 5 heures d’école chaque matin, ainsi les après-midi sont libres. Concernant les vacances, nous les prendrons lorsque tous auront suffisamment d’avance sur le programme. En bref, la transition s’est faite sans encombres et parents et enfants sont satisfaits, même s’il est vrai que les méthodes très scolaires et souvent rébarbatives ont tendance à hérisser quelques poils. La liberté que laisse le système suffit à consoler les plus grincheux.
Maturité
Les enfants grandissent. C’est banal et pourtant, c’est vraiment génial ! Depuis plusieurs mois Véro et Thierry se concertent régulièrement et partagent leur plaisir à être parents d’adolescents. Tant de choses à vivre et à accompagner. Les échanges sont intenses, riches et passionnants. Certes, les coups de gueules rythment aussi les relations, mais avec tellement de suite dans les idées ! Ca stimule.
Loane a retrouvé deux copines récemment avec lesquelles elle a passé une journée. Enchantée de ces retrouvailles, elle a désormais la preuve qu’elle peut vivre comme elle vit sans être marginalisée, capable de retrouver ses copines, même sans tout comprendre de leurs intérêts ou passe-temps. Son temps libre à elle, elle le passe à la bibliothèque. C’est les joues roses de gêne qu’elle a en effet demandé il y plusieurs semaines à s’inscrire à la bibliothèque pour en profiter lorsque nous sommes à Lausanne.
Max quant à lui profite de son nouveau BMX. Régulièrement, il s’en va au bowle rejoindre ceux qui y sont et apprendre de nouvelles figures. Selon lui, il progresse vite et l’équipe est sympa. Les jeunes ont entre 18 et 25 ans le plus souvent, ce qui le rassure sur son potentiel de développement au guidon de l’engin. Sinon, il a récemment passé deux jours dans un garage voisin de la station de sa mémé, pour aider le mécano à démonter et réparer une boîte à vitesse sur une vieille citroën. C’est ça aussi la liberté de l’école à la maison, pouvoir s’organiser et concilier études et petits boulots aisément, selon l’endroit et les besoins. C’est ainsi aussi qu’il a participé à une journée de vendanges avec Clément dans le Lavaux. Loane et lui ont d’ailleurs pré-réservé la date pour l’année prochaine.
Sam a fêté ses 12 ans et reçu la panoplie du dessinateur amateur. Depuis, il esquisse, trace, gomme, remplit, observe et recommence sans se lasser. Même s’il essaie volontiers certaines techniques enseignées, son truc à lui, ça reste le dessin libre et la création de personnages originaux.
Zoé a retrouvé du plasir à l’école grâce à un programme plus varié notamment. Elle peste contre ses frères et sœur lorsqu’ils se plongent dans leurs activités respectives, parce qu’alors, il ne lui reste plus que sa maman pour jouer avec elle !
Au niveau familial, nous avons repris les règles de famille et les avons fait évoluer, une manière aussi de suivre et de souligner la maturité dont chacun fait preuve, de plus en plus.
Le livre
C’est en famille que nous nous sommes penchés sur la création de la couverture et du cahier photo que nous avons décidé d’intégrer à l’ouvrage. Un gros travail, long et fastidieux, jonché d’embuches, d’aller et retour et de doutes. Nous avons finalement tranché et la couverture est désormais chez le graphiste qui prépare la maquette. Ensuite, nous enverrons le tout en imprimerie, avant de recevoir en retour nos livres. Enfin.
 
Quelques anecdotes
Comme toujours, nous sommes restés en extase devant certains véhicules croisés sur le chemin ou sur internet et dont voici quelques photos.
Les promenades le long du lac nous ont réservé quelques surprises, comme cette nouvelle mode qui consiste à faire son sport matinal en groupe en poussant la poussette et sous les encouragements tonitruants d’une coach tout droit venue du Québec.
Un peu plus loin, un groupe de touristes asiatiques prend la pose et mitraille les rives du lac, exactement comme on les imagine.
Nous avons du céder la place Bellerive au Cirque Knie pendant quelques semaines. En échange, nous avons saisi l’occasion d’assister au bain des éléphants dans le Léman. Devant une foule assez nombreuse, les trois pachidermes du cirque se lancent à l’eau et éclaboussent les curieux, sous les rires et cris des enfants à demi-rassurés.
Le 22 octobre 2008 nous prenions la route, direction… le monde !  C’était il y a 4 ans. Déjà. En cette fin d’octobre 2012 nous ne pouvons regarder les oiseaux se réunir au-dessus de nos têtes sans nous souvenirs de ce grand départ et de la belle aventure qui a suivi. Pourtant, ce ne sont pas les souvenirs que nous souhaitons partager avec vous dans le récit qui suit… Le 22 avril 2012, nous sommes revenus en Suisse, pleins de craintes sur ce que l’avenir nous réservait. Que s’est-il passé concrètement au cours des deux derniers mois ? Qu’avons-nous découvert, compris, accompli ? Voici un florilège de nos expériences, rencontres et réflexions.
La semaine dernière, Sam a chaussé un snow-board pour la première fois de sa vie. C’était sur les quais d’Ouchy au bord du lac à Lausanne, il faisait 18 degrés et la pente mesurait 6 mètres. Vive la semaine olympique, qui permet aux enfants de s’essayer à tous les sports gratuitement et de manière ludique aux abords du musée olympique. Avec son « grabé du sarouel » Sam a pris la 6ème place du concours de saut et empoché un bon pour deux heures de cours collectifs à Château d’Oex. Ca ne s’invente pas ! Ce qui est génial, c’est de voir le plaisir dans les yeux de Sam, heureux d’avoir essayé et découvert quelque chose. Alors nous réalisons que notre tour du monde n’a pas blasé les enfants. Au contraire. Tenus éloignés de pratiques et activités courantes ici en Suisse, ils les découvrent avec la surprise et l’émotion de ceux qui voient la mer pour la première fois. Tant et si longtemps que dure l’émerveillement, la vie offre des cadeaux somptueux.
A suivre
Les hirondelles sont parties. Bientôt nous en feront autant. Alors, nous aurons de nouvelles aventures à raconter.
Petit tour en Suisse
Profitant d’un début d’automne somptueux, nous avons fait une belle escapade en Valais, ce qui nous a permis de découvrir quelques trésors de notre pays. Thierry se réjouissait de faire voir les pyramides d’Euseigne aux cinq autres membres de la famille. Devant la micro Cappadoce helvétique, les douze yeux se sont ouverts grands ; il faut dire que le site est séduisant.
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